Richard Odier,
Secrétaire Général du Centre Simon Wiesenthal - France et de l'association
Verbe et Lumière
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs et chers amis,
Nous voudrions tout d'abord remercier M. Maurice Lévy et la société Publicis, qui nous ont offert cette salle, ainsi que toutes les sociétés et personnes ici présentes qui ont contribué à la réussite de cette soirée.
Je voudrais également remercier le comité du CSW France et notre équipe parisienne: Marilyn, Anke, Irène et Alex.
M. Simon Wiesenthal a aujourd'hui 96 ans, il vit toujours à Vienne en Autriche, et a accepté il y a trente ans que notre centre porte son nom à la condition expresse que ce centre devienne un instrument actif et universel qui puisse tirer les leçons de la Shoah pour combattre les forces contemporaines de la haine et de l'intolérance.
Nous célébrons le soixantième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, également le dixième anniversaire du génocide des tutsis au Rwanda, mais également le 57ème anniversaire de l'indépendance de l'Etat d'Israël. Au même moment, une équipe israélienne devient championne d'Europe de basket-ball à Moscou!
Ces symboles qui nous réunissent ce soir éclairent le travail du centre : mémoire, vigilance et également célébration de la vie et de la joie.
Depuis quelques mois, avec les commémorations de la fin de l'extermination systématique des juifs à Auschwitz, nous sommes tous des témoins actifs du devoir de mémoire. Pourtant un aspect de cette histoire est toujours méconnu.
J'étais au cours de ces dernières semaines présent à Birkenau puis à l'inauguration du nouveau musée de Yad Vashem à Jérusalem, et j'ai entendu plusieurs fois cette réflexion "comment les juifs se sont-ils laissé tuer sans résistance?";
Le monde juif ou non, connaît mal son histoire. Les juifs en 1939 n'avaient pas d'Etat, pourtant ils étaient plus de 1.500.000 à se battre contre le fascisme, la haine, et le nazisme, quelques exemples:
- Entre 700.000 à 1.000.000 de juifs portaient l'uniforme de l'armée rouge,
dont près de 200.000 sont morts au combat;
- près de 500.000 juifs combattaient auprès des forces américaines et canadiennes
- la brigade Juive de Palestine était composée de plus de 30.000 hommes qui
se sont battus avec l'armée britannique
- des milliers de juifs ont pris part aux réseaux de la résistance: républicains
espagnols, MOI, FTP, 2ème DB, union des engagés volontaires en France, partisans
en Pologne Tchécoslovaquie, Hongrie...;
- L'histoire de l'insurrection dans le Ghetto de Varsovie, la première grande
révolte armée en territoire occupé par les nazis en Europe, est universellement
connue. Mais à la même époque, sur le territoire de l'ancienne URSS, dans pas
moins de vingt localités des Juifs se battaient, avec des armes et quand ils
n'en avaient pas ils incendiaient leurs maisons, agressaient des auxiliaires
des Allemands, fuyaient les ghettos. 25.000 Juifs, dont beaucoup s'étaient échappés
des ghettos, combattaient dans les détachements de partisans en Biélorussie,
en Lituanie, en Ukraine et en Russie
- la seule chambre à gaz détruite à Birkenau, pendant l'extermination, l'a été
par la résistance juive du camp et non par des forces militaires.
Non, chers amis, les juifs se sont battus dans la mesure de leurs moyens, cette histoire de ces héros méconnus doit être transmise à nos enfants mais aussi auprès de chacun d'entre nous.
Ce soir notre centre, fidèle à ses engagements va vous montrer le parcours de certains d'entre eux. Vous verrez, à travers quelques exemples, qu'un être humain peut trouver des ressources pour résister, se battre, refuser la haine et l'indifférence.
Pourtant, la prophétie Biblique entre les fils des ténèbres et les fils de la lumière semble être toujours d'actualité et nous invite une fois de plus à reconsidérer cette leçon "ce qui commence avec les juifs...".
Jamais depuis 15 ans le racisme n'était si présent dans nos sociétés. Mein Kampf et les Protocoles des sages de Sion sont en tête des ventes de livres dans de nombreux pays. Le terrorisme, l'antisémitisme et l'incitation à la haine doivent nous inciter à:
1. Créer un système d'alerte, pour faire agir les puissants et renforcer notre
vigilance
2. Galvaniser la solidarité et les points communs entre les différentes communautés
religieuses, nationales ou ethniques afin d'éviter un développement des préjugés
dans le corps social.
3. Aider et soutenir les victimes actuelles de la haine raciale.
4. Prévenir et éduquer.
La famille du CSW comporte 440.000 membres dans le monde qui partagent ces idées. Aidez nous dans nos combats contre la haine et contre les prêcheurs de culture de mort.
Tout le monde peut aider, chacun d'entre vous, comme les 7 témoignages du film. Des gens comme les autres, qui lors d'un cataclysme deviennent soudain les icônes de l'humanité.
Le CSW et l'association Verbe et Lumière sont fiers de vous présenter, en avant première européenne le 7ème documentaire du CSW.
Shimon Samuels,
Directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal
-Vos Excellences, Messieurs les ambassadeurs d'Autriche, de Hongrie, de Pologne
et de Suisse,
-Chers représentants des autres pays concernés par le film : Allemagne, Etats-Unis,
Israël et Lituanie,
-Madame la directrice générale adjointe de l'UNESCO, Aïcha Bah-Diallo,
-Monsieur René Roudault, directeur de cabinet du secrétaire d'Etat aux Affaires
étrangères,
-Monsieur le Conseiller d'Etat Armand Laferrère,
-Monsieur David Martinon, chef de cabinet de monsieur Nicolas Sarkozy,
-Monsieur Roger Cukierman, président du CRIF,
-Madame Marcelle Kabanda, représentante d'IBUKA (Souvenez-vous), l'organisation
des survivants du génocide au Rwanda,
-Le général Michel Darmon, président d'honneur de France-Israël,
-Messieurs les présidents des organisations communautaires et religieuses,
-Monsieur Richard Trank, réalisateur du film,
-Monsieur Lee Holdridge, qui a composé la musique du film,
Aujourd'hui, nous marquons Yom Hazikaron, la journée de la mémoire des victimes de guerre et du terrorisme en Israël, et par solidarité avec les victimes de la haine dans le monde entier, je vous prie de bien vouloir vous lever pour observer une minute de silence.
Je voudrais adresser mes remerciements chaleureux à M. Maurice Lévy, qui nous
a généreusement prêté cette salle, et à son représentant, notre ami Seth Goldschlager;
A madame Agnès Goldman, de Personality, qui amènera ce film la semaine prochaine
à Cannes;
A nos chères amies Mme Véronique Foucault et Mme Giannina Cohen, de VFC, qui
ont produit la plaquette du souvenir et apporté tous leurs efforts à notre Centre;
Aux Conseils d'administration du Centre, à l'association Verbe et Lumière, et
surtout à notre secrétariat, bénévoles et stagiaires: Marylin, Alex, Anke, Irène,
Ashley, et Lauren.
Avec plaisir, je passe la parole à notre metteur en scène, lauréat de deux Oscars, mon collègue Richard Trank:
Richard Trank,
Directeur de Moriah Films, Centre Simon Wiesenthal
Mesdames et Messieurs, Je suis très heureux d'être ici ce soir pour présenter notre film "Les héros improbables", soixante ans après la défaite du nazisme et la libération de l'Europe. Les histoires des personnes que vous verrez à l'écran ont une portée universelle. Ici, à Paris, l'histoire de Robert Widermann, connu sous son nom d'artiste, Robert Clary, est susceptible de vous émouvoir tout particulièrement.
Partout où ce film a été projeté, aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, en Israël, les spectateurs ont été émus par ces héros, qui ont su montrer leur courage dans une ère tragique, et faire preuve de force et d'imagination dans les circonstances les plus éprouvantes.
Je tiens à remercier mon collègue, Dr. Shimon Samuels, ainsi que le personnel
du Centre Simon Wiesenthal de Paris, qui ont assuré le succès de cette soirée.
Je voudrais également saluer la présence de monsieur Lee Holdridge, qui a composé
la musique de ce film, et a su mettre en valeur les histoires racontées, ainsi
que son épouse Laura.
Je souhaite pour finir exprimer toute ma reconnaissance à mon épouse Kathy,
qui visite votre belle ville pour la première fois.
Merci encore à vous tous d'être venus si nombreux ce soir.