Imprimer

« Depuis que la Palestine a été acceptée en tant qu’Etat membre de l’Unesco, pour paraphraser le stratège militaire Von Clausewitz, le patrimoine est devenu un autre moyen de faire la guerre », a observé Shimon Samuels, directeur des Relations internationales du Centre Simon-Wiesenthal et son délégué en chef à la conférence. 

« Prenez le cas complexe et sensible de Jérusalem, administrée depuis de longues années par ses deux gardiens d’avant 1967, Israël et la Jordanie. Même s’il y a parfois eu des tensions ou des orages, ils ont toujours su résoudre ses problèmes à court terme – en les ajournant, en les reportant, en les examinant, en faisant appel à des professionnels ou à un consensus, etc. 

Ainsi, en avril dernier, Israël a conclu un accord, négocié par les Américains et les Russes : l’Etat hébreu a accepté que l’Unesco envoie, fin mai, une mission exploratoire à Jérusalem, en échange de quoi les Arabes s’engageaient à différer tout autre problème ; parmi eux l’inscription au Patrimoine mondial de Battir en tantem que patrimoine palestinien (le site de Beitar, ou le dirigeant juif, Bar Kochba a commencé son combat contre le joug romain au IIe siècle) 

Au dernier moment, les Palestiniens ont changé la donne en ajoutant deux politiciens, le ministre du gouvernement Abbas en charge de Jérusalem et un conseiller politique, présentés, en toute mauvaise foi, comme des professionnels, l’un architecte, l’autre archéologue. 

Israël a demandé le report de cette mission, arguant d’une déformation de la réalité. La Jordanie, mandatée par le groupe arabe et sollicitée par la Palestine, a alors préparé une résolution officielle, mettant en cause une pléthore de développements israéliens dans la ville, depuis un centre touristique jusqu’au tramway, en passant par un ascenseur jouxtant le mur des Lamentations ou des accusations infondées 
M. Samuels a signalé que « ces bonnes paroles ont sérieusement importuné le Cambodge, hôte de cette session annuelle. Ce pays a en effet fourni des efforts considérables pour faire de ce rassemblement un tremplin pour attirer les touristes, mettant l’accent sur un site patrimonial unique au monde, les temples d’Angkor Wat. Le Cambodge a instamment prié les Arabes de cesser toute récupération du problème palestinien. 

De même, les lauréats des nouveaux sites inscrits, que ce soit la Namibie ou la Chine, ne se réjouissent guère de voir leur moment de gloire noyé dans l’œuf par d’obscurs desseins du Moyen-Orient. » 

« Toutes ces tergiversations finiraient-elles par lasser de la question palestinienne ? Apparemment pas. La résolution sur Jérusalem a été votée par appel nominal : sur les vingt et un Etats membres du Comité du patrimoine mondial, dix se sont abstenus et trois ont voté contre – gloire à l’Estonie, à l’Allemagne et à la Suisse. Etant donné que le vote ne prend pas en compte les abstentions, celui sur Jérusalem est passé par trois contre huit. Il faut signaler ici que sept des vingt et un Etats votants sont musulmans, ce qui leur assure une victoire quasi automatique », a fait remarquer M. Samuels. 

Il ne faut donc s’étonner de rien. Les recherches menées par le Centre l’ont conduit à la conclusion que l’Isesco (l’Organisation islamique > pour l’éducation, les sciences et la culture, organisme des Etats islamiques de l’Unesco) avait déjà annoncé, le 12 juin, qu’elle «tâcherait d’unifier les positions arabes et islamiques pour obtenir une résolution internationale qui protège Al Quds Al Sharif (Jérusalem) des violations israéliennes… » 

L’année dernière, à Saint-Pétersbourg (Russie), la Palestine avait présenté une « liste indicative » de sites révélant un appétit féroce :les quartiers veilles villes de Jéricho et d’Hébron, les caves de Qumran et les manuscrits de la mer Morte. Deux autres sites avaient déjà entamé leur procédure d’inscription à l’Unesco : la tombe de Rachel et le tombeau des Patriarches (la grotte de Machpelah), tous deux rebaptisés depuis en  mosquées. 

Le Centre avait déjà découvert, à la Foire du livre de Francfort 2012, un ouvrage inspiré par le Hamas, intitulé « The Buraq Wall » [« Le mur Al-Buraq » – les  voir les photos jointes]. Al-Buraq est la monture ailée du prophète Mahomet qui l’avait emmené de La Mecque à Jérusalem. Il avait attaché son destrier à un mur qui porte son nom, pendant qu’il effectuait sa visite nocturne au paradis. Le mur Al-Buraq est 
aujourd’hui connu sous le nom de mur des Lamentations (le Kotel), le plus haut lieu saint du judaïsme. 

Le Centre s’inquiète en outre du musée du Patrimoine palestinien, en construction à Ramallah (selon son site web « qui doit être transféré à Jérusalem au plus vite »). Ce musée est vanté comme un centre à la fine pointe de la technologie, au rayonnement mondial, et décrit comme « un lieu sûr pour des idées moins sûres », ce qui donne à penser que c’est une arme de plus dans l’arsenal de la déjudaïsation du patrimoine juif – une usurpation flagrante de l’identité juive. 
 « Nous restons vigilants sur les développements à venir », a conclu M.Samuels.