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Le Centre Wiesenthal au ministre britannique de l’Education: "Un rapport de votre ministère pourrait être considéré comme justification de la complicité au négationnisme"

Paris, le 13 avril 2007

Dans une lettre à M. Alan Johnson, ministre britannique de l’Education, le directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, M. Shimon Samuels, s’est déclaré, au nom des 400.000 membres du Centre, horrifié par les résultats du rapport de la Historical Association sur "L’enseignement de l’Histoire controversée et porteuse d’émotions", rapport commandé et payé par le ministère de M. Johnson.

M. Samuels a fait remarquer que "la couverture médiatique internationale de ce rapport a mis en relief que :
- 'Des écoles en Angleterre abandonnent l’enseignement de la Shoah au cours d’histoire pour éviter de froisser les élèves musulmans... Certains enseignants répugnent à évoquer ces atrocités de peur d’indisposer les étudiants qui croient en la négation de la Shoah.'"

Il poursuit: "Monsieur le ministre, tant la Commission européenne que l’OSCE ont considéré le négationnisme comme un paravent et un moteur d’incitation à la haine des Juifs. Cependant, le rapport justifie sa complicité avec cette forme d’antisémitisme lorsqu’il déclare:
- 'Dans certains contextes, les enseignants d’Histoire ne veulent pas se confronter à des versions de l’Histoire hautement controversées dans lesquelles des élèves baignent, chez eux, dans leurs communautés ou leurs lieux de culte.'
En cela, nous pouvons conclure que la Shoah est 'matière à controverse' et une 'version de l’Histoire'."

La lettre souligne comme conséquence de cet état d’esprit révisionniste les faits suivants du rapport:
- " L’école secondaire d’une ville du Nord qui évite de choisir la Shoah comme sujet pour le G.C.S.E. [examen de fin d’études] de peur d’affronter 'les sentiments antisémites et le négationnisme de certains élèves musulmans'".

M. Samuels a ajouté : "Après la tentative de l’an dernier de détourner le tout nouveau Jour de commémoration annuelle de la Shoah et attaquer l’Etat d’Israël, cette actuelle pratique n’est apparemment pas une autre initiative de l’islam mais juste une auto-censure préventive sous prétexte du politiquement correct et se base sur un préjugé et un racisme mal fondés.
Depuis la publication de ce rapport, le porte-parole de votre ministère n’a fait qu’exacerber les choses. Il a d’abord confirmé que 'l’enseignement de la Shoah était obligatoire...', puis en contradiction, a ajouté: 'Il appartient aux écoles de juger du caractère obligatoire ou non d’une partie de l’enseignement national. Dans ce cadre général, les écoles doivent décider elles-mêmes.'"

"Monsieur le ministre, cela fait-il référence à d’autres anomalies soulevées par ce rapport? Ainsi:
- '...les écoles laissent tomber les Croisades' parce que 'ces enseignements contredisent souvent ceux reçus dans les mosquées locales'
- '...l’enseignement de la traite des esclaves pourrait conduire des enfants blancs ou noirs à leur mise à l’écart.'

On peut se demander si la Magna Carta, le mouvement des suffragettes, la déclaration universelles des droits de l’homme et la convention sur le génocide sont dans la ligne de mire pour, selon les termes du rapport, apaiser ou, pour les enseignants, 'éviter de blesser ou d’apparaître insensibles aux individus ou groupes dans leurs classes.'"

La lettre souligne que, "en traitant mal ou en excluant la Shoah, les enseignants offensent la mémoire de ses six millions de victimes et celle des soldats britanniques venus libérer les camps de la mort nazis."

Le rapport demande toutefois "plus de moyens, jusqu’à présent limités, pour pouvoir enseigner cette Histoire controversée et porteuse d’émotions..." et recommande que "l’enseignement pédagogique de base porte plus d’attention à la manière d’enseigner ces sujets..."

Le Centre Wiesenthal a offert son aide pour ce faire et a déclaré que "alors que la Shoah ne peut prêter à 'contestation', sa pédagogie est toutefois 'porteuse d’émotions'. Nos films documentaires unanimement appréciés présentent avec clarté et sensibilité la Shoah aux formateurs. Ces matériaux sont disponibles pour appliquer les solutions proposées dans ce rapport."

M. Samuels a conclu: "Enseigner la Shoah peut vacciner le corps social et renforcer ses anticorps pour combattre l’intolérance et les préjugés. Cela pourrait affaiblir le virus de la haine diffusé à la maison, dans les communautés ou les lieux de culte."

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter M. Shimon Samuels au +33 609 7701 58.

 

 

 

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