« L’Unesco semble avoir pris position contre le Making Memory – UK National Holocaust Memorial and Learning Centre, qui doit être installé dans les jardins de la tour Victoria (dans le quartier de Westminster), qui jouxte les Chambres du Parlement de Londres, sur les bords de la Tamise. »

« Ce mémorial a été conçu pour honorer les victimes juives de l’Holocauste ainsi que toutes les autres victimes des persécutions nazies, notamment les tziganes, les homosexuels et les handicapés. Ses concepteurs estiment qu’il couvrira 27 % de l’espace vert actuel du parc… Sa proximité avec le Parlement britannique a pour but de souligner le besoin de sensibiliser la population et ses représentants sur les dangers de l’intolérance, des préjugés, de la haine et de la violence à l’encontre de l’Autre. »

Paris, le 12 septembre 2019

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, lui signifiait que « l’Unesco semble avoir pris position contre le Making Memory – UK National Holocaust Memorial and Learning Centre, qui doit être installé dans les jardins de la tour Victoria (dans le quartier de Westminster), qui jouxte les Chambres du Parlement de Londres, sur les bords de la Tamise. Ce projet, né en 2015, attend toujours qu’une demande de permis lui soit délivrée par le conseil municipal de Westminster ».

La lettre se poursuivait en ces termes : « En attendant, Royal Parks, un organisme de bienfaisance, a décrit les jardins comme ‘‘un emplacement extrêmement sensible en termes d’aménagement et de patrimoine’’ – autrement dit, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco…

« Royal Parks soulignait que ‘‘la structure dominerait le parc et occulterait les mémoriaux qui s’y trouvent déjà, qui sont inscrits, et qui sont en soi d’une importance nationale’’. »

Un des participants à la campagne Save Victoria Tower Gardens alléguait que « l’échelle de ce bâtiment est volontairement surdimensionnée, dans le but de choquer et d’attirer l’attention… Il faudrait le déplacer sur le parc College Green de Westminster ou sur le site de l’Imperial War Museum de Londres ».

« Ce mémorial a été conçu pour honorer les victimes juives de l’Holocauste ainsi que toutes les autres victimes des persécutions nazies, notamment les tziganes, les homosexuels et les handicapés. Ses concepteurs estiment qu’il couvrira 27 % de l’espace vert actuel du parc… Sa proximité avec le Parlement britannique a pour but de souligner le besoin de sensibiliser la population et ses représentants sur les dangers de l’intolérance, des préjugés, de la haine et de la violence contre l’Autre », indiquait M. Samuels.

Il précisait que « l’équipe d’architectes lauréate du concours est dirigée par l’Anglo-Ghanéen David Adjaye et l’Israélien Ron Arad. Le coût de leur projet s’élève à 100 millions de livres sterling. Le parc abrite actuellement trois mémoriaux : le groupe statuaire des Bourgeois de Calais d’Auguste Rodin, la Buxton Memorial Fountain commémorant l’émancipation des esclaves de l’Empire britannique, et la statue à la mémoire de la suffragette Emmeline Pankhurst ».

Il semblerait que l’Icomos (Conseil international des monuments et des sites), organe consultatif de l’Unesco, se soit opposé à l’emplacement choisi, aux motifs que « le projet aurait considérablement obstrué la perspective du parc sur la tour et le palais », que « deux rangées d’arbres risqueraient d’être abattues » et que « l’impact visuel serait trop important ».

Pourtant, Sadiq Khan, le maire de Londres, est favorable à ce projet, et une lettre de soutien a obtenu la signature de 174 hommes politiques, tandis qu’une nouvelle maquette a été présentée « pour accueillir des plantations adjacentes à la clôture ».

Une porte-parole du ministère du Logement, des communautés et des collectivités locales a assuré que « les propositions ont été élaborées avec beaucoup de sensibilité, dans le respect du contexte actuel et du caractère des jardins – nous conserverons 93 % de l’espace ouvert au public, nous améliorerons la perspective sur le Parlement et la Tamise, et nous fournirons une panoplie de sièges à la disposition des promeneurs et un nouvel espace de promenade le long de la berge ».

« Il est évident qu’un mémorial de l’Holocauste ne peut pas devenir le sujet d’un débat sous le couvert de l’environnement… L’Unesco, d’une part, affiche un intérêt pour l’enseignement de l’Holocauste. Elle ne peut pas, d’un autre côté, être considérée comme un obstacle à ce mémorial… Notre Centre exige qu’une réponse claire soit donnée aux médias, qui ont déjà placé cette question à la porte de l’Unesco… Nous vous prions instamment, Madame la Directrice générale, de prendre d’urgence les mesures appropriées », concluait M. Samuels.