Éditorial de Shimon Samuels publié en anglais dans The Jerusalem Post
le 18 juillet 2020
https://www.jpost.com/opinion/toulouses-two-faces-635526

Toulouse a deux visages : l’un d’un antisionisme djihadiste, l’autre celui de son maire, Jean-Luc Moudenc, fier d’être jumelé avec Tel-Aviv.

18 July 2020
Toulouse (photo Ari Bar-Oz).

La ville de Toulouse rappelle au mauvais souvenir de l’attaque terroriste perpétrée en 2012 par Mohamed Merah contre l’école juive Otzar Ha Torah, qui fit perdre la vie à un rabbin et trois enfants âgés de 3, 6 et 8 ans et qui blessa un adolescent.

Mon collègue, le rabbin Abraham Cooper, et moi-même avions participé à une cérémonie de soutien aux victimes avec les dirigeants de la communauté juive. Nous avions ensuite rencontré l’imam de Toulouse et lui avions montré des commentaires diffusés sur les réseaux sociaux révélant un lavage de cerveau djihadiste.

La semaine dernière, Toulouse a apparemment été le théâtre d’une marche en solidarité avec les djihadistes, marche scandée des slogans « Boycott Israël », « De la rivière à la mer, la Palestine vaincra » ou « Israël assassin, Moudenc complice ». Fier que sa municipalité soit jumelée avec Tel-Aviv, Jean-Luc Moudenc subirait des pressions pour que soit mis fin à ce jumelage.

Les manifestants ont aussi appelé à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, impliqué en 1982 dans les assassinats à Paris du lieutenant-colonel Charles R. Ray, attaché militaire adjoint de l’ambassade des États-Unis à Paris, et du diplomate israélien Yaacov Bar-Siman-Tov.

Ce dernier a été abattu devant ses enfants, qui étaient camarades de classe de mes propres enfants à l’école israélienne de Paris. Abdallah avait fait l’éloge de cet assassinat perpétré par son partenaire idéologique, le mouvement français d’extrême gauche Action directe, entraîné dans son Liban natal.

Des antennes du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), en coopération avec des terroristes marxistes européens, furent responsables de soixante-treize attaques à la mitraillette et à la bombe contre des cibles juives à travers l’Europe de l’Ouest, dont vingt-neuf en France – de la synagogue Copernic en octobre 1980 au restaurant Jo Goldenberg dans le quartier juif de Paris en août 1982.

Cet été-là, les attentats prirent fin avec l’incursion d’Israël au Sud-Liban, incursion qui avait pour objectif d’annihiler les camps d’entraînement de terroristes. Ceux originaires d’Europe rentrèrent chez eux, déchaînant la terreur en France, en Allemagne et en Italie. À leur tour, ces gouvernements sévirent en condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité des individus tels que Georges Abdallah et le Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, plus connu sous le nom de Carlos ou Le Chacal.

La dernière tentative de libération conditionnelle d’Abdallah fut bloquée par Manuel Valls, à l’époque Premier ministre de la France, décision soutenue par le Mouvement pour la paix et contre le terrorisme (MPCT) et le Centre Simon Wiesenthal, représenté par l’auteur de ces lignes.

Nos deux organisations s’impliquent au plus haut point pour que justice soit faite et que les familles des victimes puissent faire leur deuil, tout comme dans le cas des rescapés de la Shoah.

Basé à Toulouse, le Collectif Palestine Vaincra est affilié à Samidoun, un réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Badil, qui milite pour le « droit de retour » des Palestiniens sur ce qui est maintenant Israël, est une autre organisation qui leur est étroitement liée.

Le langage de ce réseau, en arabe et souvent dans les traductions, vante ostensiblement « le combat armé » et « la résistance », termes qui impliquent vraisemblablement d’attaquer des civils, acte qualifié par le MPCT de crime contre l’humanité.

Ceci a eu pour conséquences deux contre-mesures réussies :

- En juin 2020, PayPal, service de paiement en ligne souvent utilisé pour des levées de fonds, a informé le Collectif Palestine Vaincra que son compte était restreint de façon permanente et que l’argent qui s’y trouvait était gelé, au motif de violation de ses termes de service. Cette décision fait suite à la fermeture par PayPal du compte de Samidoun, en 2019.

- Qui plus est, l’Union européenne a annulé pendant trois ans sa subvention de deux millions d’euros à Badil, car cette organisation palestinienne a refusé de signer une clause anti-terroriste. Ces deux organisations ont considéré ces mesures comme « une politique de subjugation et de chantage ».

Fort heureusement, Toulouse a deux visages : l’un d’un antisionisme djihadiste, l’autre celui de son maire, Jean-Luc Moudenc, fier d’être jumelé avec Tel-Aviv. Nous le félicitons pour sa politique et le saluons pour son amitié.

L’auteur de ces lignes est le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal.