« Les agressions contre les Juifs ont des conséquences collatérales et stratégiques – elles endommagent le tissu même de la démocratie. »

« Convoquez une conférence à l'échelle européenne pour combattre l'antisémitisme sur tous les fronts. »

Paris, le 16 février 2015

Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Donald Tusk, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, lui faisait valoir que « les agressions perpétrées samedi dernier à Copenhague constituent un schéma mimétique avec les atrocités commises à Paris le mois dernier, à savoir une combinaison de trois points communs :
- des activistes contre la liberté d'expression
- la police
- les institutions juives en ligne de mire. »

La lettre indiquait en effet que « le Danemark signifie pour les islamistes le lieu du “péché originel” depuis les séries de caricatures de Mahomet publiées dans le Jyllands-Posten en 2005. La conférence de Copenhague sur “Art, blasphème et liberté d'expression” comptait au nombre de ses participants Lars Vils, le caricaturiste suédois qui avait représenté Mahomet en chien.

« Et les officiers de police sont en première ligne pour défendre le respect, la tolérance et la démocratie, les valeurs les plus bafouées par les djihadistes.

« Les Juifs quant à eux, en tant que remparts des valeurs occidentales et en tant qu'européens depuis des siècles, bien avant le concept d'Union européenne, servent de cible stratégique. Qu'il soit anti-Occident, anti-Europe ou antisémite (radical de gauche, de droite ou radical islamique), le terroriste a pleinement conscience que les agressions contre les Juifs ont des conséquences collatérales considérables – elles endommagent le délicat tissu de la démocratie elle-même. »

M. Samuels avançait que « le danger réside dans ce qui semblerait être un renversement des priorités, ou une déconnexion cognitive des médias. Sans Charlie à Paris et la conférence sur l'art de Copenhague, l'Hyper Casher et la synagogue tomberaient dans l'oubli atavique des incidents antisémites en Europe. Liés aux attaques contre la liberté d'expression, ces incidents ne peuvent être considérés comme annexes – pour leurs auteurs, ils sont intrinsèquement liés.»

Le Centre avertissait M. Tusk que « Paris et Copenhague sont voués à devenir les précédents d'une épidémie paneuropéenne. Il ne faut pas se contenter de simplement condamner ces actes. »

« Nous vous lançons un appel pour que vous convoquiez une conférence réunissant tous les membres de l'Union européenne, les ONG, les forces de l'ordre, les spécialistes d'Internet, les chefs religieux de toutes les confessions et les enseignants, pour combattre l'antisémitisme sur tous les fronts », concluait M. Samuels.