Paris, le 23 février 2017

Le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, exprimait sa rage envers le magistrat instructeur chargé de l’affaire de Créteil : il a rejeté le caractère antisémite de l’agression perpétrée en 2014 contre un couple juif, et décidé de classer l’affaire.

Trois hommes s’étaient introduits au domicile du couple. Ils les avaient frappés, ligotés, puis avaient violé la jeune femme. Tous trois, ainsi qu’un complice présumé, avaient été accusés de viol collectif, vol à main armée, violence et extorsion.

Les agresseurs auraient été entendus alléguer qu’ils voulaient s’en prendre à des Juifs parce que ceux-ci « avaient de l’argent » et qu’ils avaient choisi leurs victimes du fait de « leur affinité religieuse ».

Leur crime était de toute évidence récidiviste car, un mois auparavant, ils avaient agressé un vieil homme juif, identifiable à sa tenue vestimentaire, dans la même banlieue parisienne.

Leur avocat de la défense a triomphalement déclaré : « Je ne puis me réjouir du rejet de l’accusation d’antisémitisme, car l’antisémitisme n’a jamais existé… Ce sont les médias qui ont échafaudé toute cette affaire. »

M. Samuels indiquait que « la nature clairement antisémite de cet acte et le viol avaient choqué la communauté juive à un tel point qu’il en avait résulté, en 2014, une proposition de loi « pour que la lutte contre l’antisémitisme et le racisme devienne cause nationale ».

Le Centre priait instamment le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, de veiller à ce que cette affaire soit rouverte. Il lui rappelait le long laps de temps qui s’était écoulé avant que l’enlèvement et l’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, aient été déclarés comme antisémites, bien que les auteurs du crime aient affirmé avoir choisi une victime juive parce que, là aussi, « les Juifs avaient de l’argent ».

« Cette affaire à elle seule aurait dû créé un antécédent… L’attaque de l’Hyper Cacher, en 2015, qui avait causé la mort de quatre Juifs, avait bien été classée comme antisémite… Monsieur le Ministre, faut-il qu’un Juif qui a été assassiné l’ait été en tant que Juif pour que le crime soit reconnu comme antisémite ? Le viol, la violence et l’attaque à main armée perpétrés contre des Juifs en tant que Juifs ne sont-ils pas suffisants ? », concluait M. Samuels.