Cracovie, Pologne, le 4 juillet 2017

Aujourd’hui, une fois de plus, les vingt et un États qui siègent au Comité du patrimoine mondial (CPM) ont eu l’audace de juger l’affinité du peuple juif pour sa capitale plus de trois fois millénaire.


- Dix ont voté pour : l’Azerbaïdjan, Cuba, l’Indonésie, le Kazakhstan, le Koweït, le Liban, la Tunisie, la Turquie, le Vietnam, le Zimbabwe.


- Huit se sont abstenus : l’Angola, la Croatie, la Finlande, le Pérou, la Pologne (pays hôte), le Portugal, la Corée, la Tanzanie.


- Trois se sont exprimés contre : le Burkina Faso, la Jamaïque, les Philippines.


Le 17 juin 2017, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal – et observateur de la seule ONG juive accréditée auprès du CPM –, Shimon Samuels, avait écrit au professeur Jacek Purchla, président polonais de la 41e session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco qui allait se tenir à Cracovie du 2 au 12 juillet.

M. Samuels appelait M. Purchla « à ne pas tolérer, sur le sol polonais où un tiers du peuple juif a péri, cette scandaleuse usurpation de l’histoire et du patrimoine juif, au sein d’une conférence de l’ONU qui se tient à l’ombre même d’Auschwitz-Birkenau ».


M. Samuels déplorait que, « depuis que les Palestiniens ont intégré l’Unesco, en novembre 2011, le CPM a été détourné pour devenir maintenant un véritable champ de bataille… »

- Aujourd’hui, les Palestiniens ont insisté pour que la résolution de la Jordanie sur Jérusalem soit adoptée, se référant à « la Vieille Ville et ses murs » mais présentée par le Koweït, la Tunisie et le Liban sur la base d’une résolution du Conseil exécutif de l’Unesco décidée à Paris en mai dernier.


- L’article 5 stipule : « Rappelant que toute mesure ou action législative ou administrative prise par Israël, la Puissance occupante, et ayant pour effet ou objet de modifier le caractère et le statut de la ville sainte de Jérusalem... est nulle et non avenue et doit donc être annulée sans délai ».

- Le remplacement de « Vieille Ville » par « Ville sainte » contrevient au mandat laïque de l’Unesco mais il semble en outre que le terme s’applique à Jérusalem dans son ensemble, au-delà des murs de la « Vieille Ville » car, pour beaucoup, chaque pierre de la ville est intrinsèquement « sainte ».


- Bien que l’article 4 « réaffirme l’importance de … Jérusalem … pour les trois religions monothéistes », la réponse de l’ambassadeur de Jordanie, suite au vote, n’était guère encourageante : « La priorité du roi Abdullah est de veiller sur les sites musulmans et chrétiens. » Il est clair que les synagogues et autres sanctuaires juifs ne sont pas inclus car la religion mère est oblitérée.


Dans sa réponse, l’ambassadeur d’Israël à l’Unesco, Carmel Shama Hacohen, remerciait le pays hôte d’avoir organisé un service d’autobus pour conduire les ambassadeurs à une visite d’Auschwitz-Birkenau… mais, comme peu d’entre eux en auraient probablement pris le temps, il demandait une minute de silence en hommage à ceux qui avaient péri à seulement 60 kilomètres de là. LA PLUPART SE SONT LEVÉS.


Sur ce, le délégué cubain a réprimandé le président polonais et exigé « une minute de silence pour les victimes palestiniennes de l’‘‘Occupation’’ ». TOUS SE SONT LEVÉS.


Cet événement orchestré préfigurait la demande qui allait être faite les jours suivants de transformer Hébron et le tombeau des Patriarches (ou grotte de Macpéla) en sites palestiniens.


La perte de Jérusalem a peut-être été entérinée dans ce cirque onusien de Pologne, mais la ville n’en demeure pas moins le cœur battant de la souveraineté juive, de même que l’histoire juive ne peut être dissociée de ses Patriarches...


« L’Unesco s’en trouve tristement diminuée, alors que la cause palestinienne continue de se construire sur des bases fausses et sur une usurpation d’identité », concluait M. Samuels.