Deux visions divergentes de 2030 – le Guide suprême de l’Iran et le Prince héritier saoudien

Paris, le 8 novembre 2017

Shimon Samuels, délégué permanent du Centre Simon Wiesenthal auprès de l’Unesco, expliquait que, « cette semaine, un tiers des 58 États qui constituent le Conseil exécutif – le moteur de l’Unesco – seront élus, pour un mandat de quatre ans ».

« Ensuite, le nouveau président du Conseil sera sélectionné au sein du Groupe asiatique dirigé par l’Iran, seul prétendant à ce poste. »

« Après que le Centre a révélé la ‘‘prison de l’Unesco’’ à Dezful, près de la frontière irakienne, ainsi que l’arrestation d’enseignants au cours de la Journée internationale de la langue maternelle, et de journalistes durant la Journée mondiale pour la liberté de la presse – deux initiatives de l’Unesco –, le délégué de Corée du Sud, dégoûté, a présenté sa candidature », indiquait M. Samuels.

Son rapport soulignait le rôle joué par deux conceptions opposées du monde :

- « Le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, fustige le programme de l’Unesco 2030 relatif à l’éducation. Il proteste contre les objectifs d’"égalité des genres’’, insistant sur le fait que c’est ‘‘l’une des principales erreurs de la mentalité occidentale à propos des femmes… Il n’y a aucune raison pour que l’Iran signe un document que d’autres ont préparé pour nous, et donc de détruire notre propre culture.’’ »

- « À l’opposé, Mohammed Bin Salman, prince héritier saoudien, présentait en 2015 sa ‘‘vision 2030’’ – conjointement avec le Forum jeunesse de l’Unesco : un projet de réforme de l’économie, de restriction du pouvoir de la police religieuse, de création d’un pays ‘‘à l’islam modéré, ouvert à toutes les religions et au monde’’ et, notamment, de levée de l’interdiction faite aux femmes de conduire. »

« Dans les salons et les couloirs de l’Unesco, rumeurs et choix évidents circulent : les États membres sunnites s’opposeront clairement au candidat iranien ; le Groupe d’Amérique latine et des Caraïbes est divisé entre ‘‘le bloc Alba’’ (Venezuela, Bolivie, Équateur, Cuba et Nicaragua), où Téhéran et son agence terroriste, le Hezbollah, sont profondément ancrés, et les autres pays , qui probablement soutiendront le candidat coréen ; une grande partie de l’islam en Afrique est sunnite, mais l’Iran exerce sur elle une forte pression. »

« Si le Groupe asiatique ne parvient pas à un consensus sur un candidat qui satisferait sa majorité, la course pourra alors être ouverte à des candidats d’autres groupes. »

« Ce qui est flagrant, c’est que les membres de l’Union européenne défendent leur accord nucléaire conclu avec l’Iran en 2015, le Plan global d’action conjoint, et l’aubaine qui leur a été donnée de faire des affaires avec ce pays suite à la levée des sanctions. »

« L’Unesco devrait adopter la vision saoudienne 2030 de l’avenir, et condamner le rejet par l’Iran du programme onusien pour l’éducation 2030. »

« La préférence de l’ayatollah pour des temps médiévaux devrait disqualifier le candidat de Téhéran au poste de président du Conseil exécutif de l’Unesco », concluait M. Samuels.