Paris et Los Angeles, le 2 mai 2016

« L’usurpation d’identité du Mur occidental (Kotel) a transformé un conflit politiquement négociable en guerre de religion. »

« Madame la directrice générale, nous vous demandons instamment de condamner fermement et publiquement cette violation de la prétendue mission de l’Unesco. »

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, le doyen adjoint du Centre Simon Wiesenthal, le rabbin Abraham Cooper, et le directeur des Relations internationales, Shimon Samuels, protestaient contre la résolution antisémite adoptée par l’actuel Conseil exécutif de l’Unesco.

Le Centre signalait qu’« il avait été le premier à sonner l’alarme sur l’usurpation d’identité et la distorsion historique constatées afin de valider la ‘’Palestine’’ depuis son entrée à l’Unesco, en 2011. Tout d’abord, en usurpant l’église de la Nativité, berceau du christianisme à Bethléem – et ceci, ironiquement, après l’occupation terroriste du site par le Fatah. Ensuite, par une série de redéfinitions éhontées de sites juifs, tels le caveau des Patriarches, la tombe de Rachel et des demandes d’appropriation des caves de Qumran et des rouleaux de la mer Morte, en les redéfinissant comme patrimoine islamique. »

M. Samuels observait que « le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco était l’instigateur de ces usurpations, et qu’il était maintenant suivi par toute l’entité de l’Unesco. Deux ans durant, des projets ont été proposés pour islamiser le site le plus saint du judaïsme, le ‘‘Kotel’’ ou Mur occidental du Temple, vers lequel les Juifs du monde entier se tournent dans leurs prières quotidiennes ».

Le Centre expliquait que « la volonté de le renommer ‘‘place Buraq’’ renvoie à l’histoire islamique de Buraq – une monture ailée – qui, selon la tradition, aurait transporté Mahomet de La Mecque à Jérusalem et aurait été attachée à un mur tandis que le Prophète montait au Paradis pendant la nuit. Par respect pour l’islam, Israël a placé un panneau à la sortie de la place du Kotel, la nommant ‘‘allée Buraq’’ ».

Le rabbin Cooper soutenait quant à lui que « la résolution adoptée par votre Conseil exécutif – à l’initiative de l’Algérie, de l’Egypte, du Liban, du Maroc, d’Oman, du Qatar et du Soudan – d’appeler exclusivement le mont du Temple de son nom arabe, Al Aqsa/Haram Al Sharif, tout en plaçant sans vergogne le Mur occidental entre guillemets, comme ‘‘occupé’’ par Israël, a transformé un conflit politiquement négociable en guerre de religion. Il s’agit en outre d’une nouvelle provocation, incitant à plus de violence, après les attaques au couteau perpétrées contre des fidèles juifs se rendant au Mur pour prier ou en revenant ».

Les responsables du Centre se voyaient outrés par « cette résolution antisémite qui ose condamner le projet israélien de réserver un espace devant le Mur pour un partage égalitaire du lieu de culte – projet applaudi par tous les défenseurs des droits des femmes et des droits civiques ». Ils faisaient en outre valoir que « prétendre qu’Israël aurait creusé ‘‘de faux tombeaux juifs dans des cimetières musulmans’’ à Jérusalem-Est constituait une diffamation publique qui aurait dû être désignée comme telle ».

« Et pourtant, l’Unesco a adopté toutes ces calomnies – offense qui ne touche pas seulement Israël, mais le judaïsme et le peuple juif dans son entier », déplorait le Centre, exprimant sa vive déception auprès de la directrice générale et soulignant qu’« au cours du Conseil exécutif de novembre dernier, vous aviez pris les mesures nécessaires pour suspendre cette résolution scandaleuse. Lors de cette session, l’Unesco est devenu la plaque tournante d’assauts politiques et diffamatoires sans précédent contre le judaïsme, et ce, sous votre mandat. »

« Madame la directrice générale, nous vous demandons instamment de condamner fermement et publiquement cette violation de la prétendue mission de l’Unesco », concluait le Centre.