« Le virus antisémite qui infecte votre parti nécessite diagnostic, pronostic, traitement – peut-être même une opération – et sans doute de la prophylaxie… mais votre autosatisfaction pour avoir mené une prétendue ‘‘enquête sur l’antisémitisme dans le Parti travailliste’’ n’est pas méritée. »

« Si vous ne prenez pas de mesures plus conséquentes, le Parti travailliste deviendra ‘‘Judenrein’’ (purgé de ses Juifs) – ce sera le premier parti déjudaïsé depuis la victoire des Britanniques sur le nazisme. »

Paris, le 1er juillet 2016

Dans une lettre adressée au porte-parole du Parti travailliste britannique, Andy Burnham, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, rappelait à son destinataire qu’il était le premier à qui l’opposition au Parti travailliste pour les questions d’ordre public, de sécurité et de discrimination avait l’habitude de s’adresser ; et que c’était lui qui avait alerté son parti sur l’indignation de nos membres face au virus antisémite qui l’affectait.

La lettre prenait bonne note des commentaires que M. Burnham avait lui-même publiés : « Comment en est-on arrivé à ce que la communauté juive se sente si étrangère au Parti travailliste ? ... » « L’antisémitisme est répugnant, inacceptable, et il stigmatise notre société… L’action politique doit s’attaquer aux racines du racisme et de la haine. »

La lettre ajoutait : « Comme votre discours est différent de celui de votre chef, Jeremy Corbyn, qui remue systématiquement le couteau dans la plaie, comme dans son parallèle scandaleux entre l’État d’Israël et le terrorisme de Daech ! Qu’il se soit exprimé hier de la sorte, au cours de la présentation formelle de la dénommée ‘‘enquête Chakrabarti sur l’antisémitisme dans le Parti travailliste’’, ne fait que corroborer la motion de défiance 172 à 40 de la semaine dernière qui met en question la capacité de Corbyn à diriger. »

M. Samuels soulignait au porte-parole du parti que « ce vote indique qu’une rédemption, souhaitable, des Travaillistes est envisageable, mais certainement pas en expurgeant l’antisémitisme par le biais d’une pseudo-enquête, qui ne sert bien évidemment que de couverture. Il faut pour ce faire que M. Corbyn, en tant que chef du parti, rectifie sa propre définition, viciée, de l’antisémitisme.

M. Samuels indiquait qu’« un virus nécessite diagnostic, pronostic, traitement – peut-être même une opération – et sans doute de la prophylaxie ».

Le Centre suggérait au porte-parole et au parti « une solution thérapeutique très simple : adoptez la fameuse ‘‘définition de travail de l’antisémitisme de l’Union européenne’’ ».

La lettre mettait en avant que « son application permettra à chaque membre du Parti travailliste, qu’il soit député, conseiller municipal, syndicaliste ou fonctionnaire, de comprendre que de faire du mal à un Juif, n’importe où – aussi bien dans la diaspora que dans l’Etat juif – et aussi bien verbalement que physiquement, tout ceci s’appelle ‘‘antisémitisme’’. Cette disposition couvrira le mauvais usage fait de la Shoah, des boycotts (communément appelés BDS) et du terrorisme antisémite ».

Le Centre réaffirmait que « ceux qui rejettent cette définition afin de continuer à agir de la sorte peuvent aisément être reconnus comme ‘‘des antisémites’’ et, en tant que tels, représenter une menace pour l’intégrité du Parti travailliste ».

M. Samuels concluait sa lettre en ces termes : « M. le porte-parole, si vous ne prenez pas de mesures plus conséquentes que la pseudo ‘‘enquête Chakrabarti’’, le Parti travailliste risque de devenir ‘‘Judenrein’’ (purgé de ses Juifs) – et vous serez le premier parti déjudaïsé depuis la victoire des Britanniques sur le nazisme. »