Genève, le 27 septembre 2016

Le Centre Wiesenthal, représenté par son directeur des Relations internationales, Shimon Samuels, a été invité à participer au Séminaire de NGO Monitor qui marque « 15 ans depuis Durban : restaurer l’universalité des droits de l’homme ». La réunion s’est déroulée au siège du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, en mémoire de David Littman, l’infatigable champion des droits des Juifs.

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Shimon Samuels avec l’ambassadrice Raz Shechter

On comptait au nombre des intervenants Aviva Raz Shechter, représentante permanente d’Israël auprès des Nations unies a Geneve, Gerald Steinberg, président des ONG, David Harris, PDG du Comité juif américain, Hillel Neuer, directeur de UN Watch, Alan Dershowitz, de la Faculté de droit de Harvard, Michael Danby, membre du Parlement australien, et Roy Brown, représentant honoraire à l’ONU de l’Union internationale humaniste et éthique.

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De gauche à droite : Hillel Neuer, Michael Danby, Shimon Samuels, Gerald Steinberg.

Le professeur Steinberg a ouvert les débats avec une description de la Conférence mondiale contre le racisme des Nations unies (CMCR), tenue à Durban en 2001, qu’il a qualifiée de « carnaval de la haine ». Il a souligné tout à la fois l’hypocrisie de son organisateur, le Conseil des droits de l’homme, et la politique des États membres qui financent les organisations non gouvernementales anti-Israël.

M. Samuels a évoqué la fierté du regretté David Littman pour son surnom, « Batman » – non pas le héros de bandes dessinées et de films, mais une marque de son amour pour sa partenaire de vie, Gisèle Littman, célèbre sous le nom de plume de Bat Ye’or ».

M. Samuels a aussi rappelé comment, en 2000, en tant que membre du Conseil du Réseau européen contre le racisme (ENAR), il avait été le seul Juif élu au Comité directeur international (CDI) de Durban. C’est ainsi qu’il avait pu participer aux comités préparatoires de Genève, Strasbourg, Varsovie, Santiago du Chili et Genève. Mais on l’avait exclu de la dernière réunion, à Téhéran.

À son arrivée à Durban, on l’avait expulsé du CDI, le qualifiant avec ironie de « Juif du monde ». Mais, trois mois plus tard, on l’avait invité à sa session finale, le 6 décembre 2001, à Genève.

M. Samuels a expliqué qu’à Genève se trouvait sur la table un document : un programme en huit points, échelonné sur dix ans, qui devait mettre en œuvre le processus de Durban. Son modèle semblait calqué sur le programme Sullivan contre l’apartheid en Afrique du Sud :

1. Une campagne de sensibilisation, par l’intermédiaire des agences onusiennes, sur « l’apartheid israélien »

2. Une campagne judiciaire auprès de la Cour pénale internationale et dans les pays de jurisprudence universelle visant à arrêter les Israéliens pour crimes contre l’humanité

3. L’abrogation de la Loi du retour pour les Juifs en Israël

4. Son remplacement par la « Loi du retour » pour tous les Palestiniens

5. La réactivation du boycott économique dormant

6. Des embargos culturels, scientifiques, sportifs, académiques, etc., couramment appelés BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions)

7. La rupture des relations diplomatiques avec Israël, en faisant un État paria

8. Des pénalités pour les États et les ONG qui refusent de se conformer à ces directives.

Bien que ce document fût subtilisé et que le CDI en ait désavoué la paternité, c’est bien lui qui a initié la feuille de route du préjudice porté à Israël et à ses défenseurs depuis les quinze dernières années.

Ses principaux vecteurs en sont le Forum social mondial, qui rassemble chaque année au Brésil les ONG altermondialistes, et le Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, à New York – auquel le Centre Wiesenthal assiste fréquemment.

Ces organisations ambitionnent d’appliquer le principe d’« intersectionnalité » – toutes les victimes d’oppressions seraient liées, tout comme le seraient les oppresseurs. Ainsi, les Palestiniens sont « colonisés, indigènes, réfugiés, prisonniers et pauvres » ; ils partagent une victimologie avec tous ces derniers, avec la communauté gaie, et même, depuis peu, avec le mouvement afro-américain Black Lives Matter, etc.

À l’opposé, on trouve les États-Unis, le capitalisme, le Nord, l’Occident, Israël, le sionisme – et, par association, le complot des Protocoles des Sages de Sion qui visent à dominer le monde, c’est-à-dire, les Juifs.

« Voilà l’héritage de Durban. Le Séminaire de NGO Monitor a esquissé les lignes de bataille qui nous permettront de contre-attaquer, a conclu M. Samuels, tout en félicitant ses participants pour leur rôle essentiel dans cette mobilisation. »