« Soit le représentant de l’Équateur porte des préjugés à l’égard de l’auto-détermination et de la souveraineté juives – la définition même du sionisme –, soit il souffre de lacunes en histoire. »

 Panamá City, le 1er décembre 2016

Au cours de l’assemblée générale du Parlement latino-américain (Parlatino), à laquelle assistaient le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, et son représentant pour l’Amérique latine, Ariel Gelblung – le Centre Simon Wiesenthal y est la seule organisation juive internationale accréditée –, ces derniers exprimaient leur indignation auprès du président équatorien, Rafael Correa, pour l’amalgame entre nazis et Juifs manifesté par son représentant à l’assemblée générale des Nations unies.

M. Samuels laissait entendre que M. Sevilla soit portait des préjugés à l’égard de l’auto-détermination et de la souveraineté juives – la définition même du sionisme –, soit il souffrait de lacunes en histoire :

- En premier lieu, il n’y a jamais eu d’État palestinien. Si, au cours du mandat britannique, en 1947, les Arabes avaient accepté la partition décidée par les Nations unies, ils approcheraient aujourd’hui leur 69e anniversaire aux côtés de l’État d’Israël, la patrie du peuple juif depuis 3 500 ans.

- Deuxièmement, le chiffre avancé par ce représentant, « 5 300 000 réfugiés palestiniens qui furent forcés de fuir leur propre pays », est un leurre. Les documents britanniques et d’autres archives indiquent que 560 000 Arabes reçurent l’ordre, donné par leurs propres dirigeants, de quitter leur domicile afin de laisser le passage aux armées arabes d’invasion. Ils s’attendaient à y revenir après l’anéantissement de la population juive.

- Par la suite, 860 000 Juifs furent expulsés des pays arabes où ils avaient résidé depuis deux mille ans. En fait, ce fut un échange de populations, tout comme au cours du conflit entre la Grèce et la Turquie, ou entre l’Inde et le Pakistan. Dans tous ces exemples, les réfugiés furent intégrés dans leur pays d’accueil. Seuls les Palestiniens demeurent des réfugiés auprès de leurs frères arabes, dans l’intention de perpétuer le conflit avec Israël.

M. Gelblung ajoutait que l’allégation de M. Sevilla, qui soutenait que la situation des Palestiniens était le résultat de la paralysie de l’ONU, était aberrante si l’on tenait compte des multiples agences de l’ONU qui se consacrent entièrement et uniquement à la cause palestinienne, financée par la générosité de la plupart des États membres occidentaux. Il trouvait scandaleux que M. Sevilla ait cité un discours de feu Fidel Castro, prononcé en 1979 – ce discours regorgeait de ce qui est communément reconnu comme de l’antisémitisme par association. Castro avait en effet déclaré, au cours d’une conférence des pays non alignés : « Nous désavouons de toutes nos forces la persécution et le génocide du peuple juif sous le nazisme. Mais rien ne nous le rappelle tant, dans l’histoire contemporaine, que l’expulsion, la persécution et le génocide perpétrés aujourd’hui par l’impérialisme et le sionisme contre le peuple palestinien. »

« Pour tous les exemples de révisionnisme flagrant dénoncés ici, M. Sevilla doit être renvoyé de vos services diplomatiques, et nous vous prions instamment, Monsieur le Président, de présenter des excuses publiques pour la diffamation proférée par l’Équateur contre le peuple juif », concluaient les représentants du Centre.