Paris, le 22 avril 2010

Dans une lettre au Président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing, le Directeur pour les Relations Internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a exprimé son choc face à l’avis de voyage émis par l’entreprise française de tourisme : 

"Croisière Bodrum – La Valette: la croisière Bodrum/La Valette du 16 au 28 septembre 2010 fera escale au Liban. Les autorités libanaises n’admettent ni sur leur territoire, ni à bord du Club Med II, de ressortissants détenteurs d’un passeport avec visa ou tampon israélien. En cas de non respect de ces formalités douanières, relevant de la responsabilité du ressortissant, celui-ci se verra refuser l’accès au bateau le jour de l’embarquement le 16 septembre à Bodrum, et supportera tous les frais en résultant. Le Club Méditerranée n’encourra aucune responsabilité pour toute omission, faute ou négligence du ressortissant." 

Samuels a noté que: " votre Directeur de la Communication, Thierry Orsini, a rationalisé ce langage injurieux en prétendant que le Club Med est innocent, car l’instigateur de ces mesures est le Liban." 

La lettre a rétorqué : "loin de là, M. Giscard d'Estaing, le message rappelle malheureusement la politique d'exclusion pendant la Seconde Guerre Mondiale sous la  France de Vichy – à l’époque c’était l’étoile jaune, maintenant, c'est le tampon israélien", ajoutant que "votre avis est irrationnel car il exclut non-Juifs et Juifs, que ce soit des pèlerins ou  des visiteurs, qui ont visité la Terre Sainte avec le Club Med ou dans son  hôtel à Eilat, parce que leurs passeports sont sûrement tamponnés d’un visa israélien." 

Le Centre a souligné que "par-dessus tout, votre entreprise apparemment s'est déclarée elle-même, complice de boycott – un acte de guerre, relent de racisme - certainement en violation des dispositions prises par l'UE, l'OSCE et l’Organisation Mondiale du Commerce contre la discrimination fondée sur l’origine religieuse ou nationale." 

Samuels a insisté sur le fait que "les voyageurs à bord du navire français, le 'Club Med II', en vertu du droit international, bénéficient de la protection souveraine de la France. De ce fait, s’abaisser aux soit-disant 'mesures libanaises' est une insulte à la République française, contestant sa responsabilité nationale à ses visiteurs sur sa 'terre'". 

La lettre a relaté  : "un commentaire de presse a laissé entendre que l'indignation de notre Centre, et des Français concernés, vous a conduit à abandonner le Liban de votre itinéraire. Pourtant, jusqu'à aujourd'hui, la visite de Byblos est toujours répertoriée sur l’itinéraire. Fait intéressant, les ports libyens sont également inclus. Peut-être le colonel Kadhafi est-il moins préoccupé par les visas israéliens que ne l’est le Club Med?"

<http://www.webcroisieres.com/de-bodrum-a-la-valette-12-nuits-en-mediterranee-a-bord-du-club-med-2-avec-club-med/fiche-croisiere-3621754.html>

Le Centre a demandé très vivement au Club Med qu’il “ délivre rapidement des excuses pour l’injure faite aux  Juifs du monde entier, suite à votre avis. En outre, nous  attendons du Club Med qu’il fasse  une déclaration publique sans équivoque, sur son site Internet,  rejetant le boycott libanais, et indiquant que le 'Club Med II' n’entrera pas dans ses eaux en raison de la menace évidente pour ses passagers." 

"Ces mesures peuvent tout à fait conduire nos propres membres embarquant à Bodrum, le 16 Septembre, ayant des passeports munis d’un tampon israélien, à célébrer la croisière anti-boycott du Club Med", a conclu Samuels.