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Paris, le 28 mars 2011

Dans une lettre à Roberto Kobeh Gonzalez, président de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale, Shimon Samuels, directeur des relations internationales de Centre Simon Wiesenthal, fait part des profondes inquiétudes des membres du Centre face à la suppression par Egypt Air de Tel Aviv des cartes d'itinéraires en ligne.
<www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4046460,00.html>

Shimon Samuels fait remarquer qu'"en tant qu'agence spécialisée des Nations Unies, l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale(OACI) se fixe pour objectif majeur 'le développement sûr et ordonné de 
l'aviation civile internationale', elle attache donc une importance particulière à la nécessité de respect et de coopération entre les compagnies aériennes nationales." 

Dans sa lettre, Shimon Samuels déplore "cet effacement de fait de son voisin Israël par la compagnie nationale égyptienne qui soulève des questions quant à l'influence islamiste radicale et la possible rupture du traité israëlo-égyptien."

Shimon Samuels explique que "sur la carte, figurent Alep, Beyrouth, Damas et Amman, en tant que destinations, et le territoire allant de la frontière irakienne à la Méditerranée apparaît comme superposé à la Jordanie et Israël. Les frères musulmans en Égypte et leurs émules à Gaza s'opposent à la monarchie Hachémite et se sont fixé comme objectif ultime de faire des deux Etats une théocratie palestinienne. " 

"Ces événements ne pourraient que nuire à la stabilité aérienne que recherche l'OACI" insiste Shimon Samuels dans sa lettre. 

Il ajoute : "Egypt Air justifie ses cartes défigurées par l'argument spécieux qu'aucun de ses vols ne vont à Israël. Or, la liaison le Caire-Tel Aviv est régulièrement desservie par Air Sinai (une compagnie qu'Egypt Air détient et gère à 100 %). En outre, sa fréquentation a augmenté de 27% en 2010 assurant un revenu important à sa maison mère." 

Pour Shimon Samuels "ce signal lancé par Egypt Air enfreint implicitement les 3e et 4e libertés de l'air de l'OACI : 'le droit de transporter des passagers et des marchandises depuis leur pays d'origine vers un autre pays et depuis une autre pays vers leur pays d'origine'. En refusant, supprimant, suspendant, limitant ou imposant des conditions à l'autorisation de fonctionner d'une compagnie aérienne, Egypt Air fait obstacle à la large application de l''Accord multiculturel de libéralisation de transport aérien international' (MALIAT, 2001) auquel l'OACI est liée.

Le Centre demande à l'OACI de condamner la réécriture de la géographie souveraine menée par Egypt Air et de persuader cette entreprise de corriger ses cartes d'itinéraires pour que celles-ci comportent toutes les destinations desservies. 

"L'inaction ne peut qu'encourager l'extrémisme et menacer la fragile stabilité des transports aériens mondiaux ainsi que la paix dans la région" conclue Shimon Samuels. 

La lettre fut également envoyée à Mohamed R.M.Khonji, directeur du bureau régional de l'OACI pour le Moyen-Orient au Caire.