Éditorial de Shimon Samuels paru en anglais dans The Jerusalem Post
le 16 novembre 2015

https://www.jpost.com/Opinion/What-began-with-the-Jews-has-crossed-a-new-threshold-for-Europe-434290

L'antisémitisme, l'antisionisme, l'antiisraélisme qui sévissent en Europe ne servent que les ennemis mutuels d'Israël et de l'Europe.

 16 Nov. 2015
Une femme tient une bougie en honneur des victimes d'un attentat.
Paris, 15 novembre 2015 (photo Reuters).

Les attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo et l'Hyper Casher sont survenus après des années de terrorisme antisémite en Europe et en Israël qui ont précipité ces contrées dans l'abîme d'un chaos général.

Malgré la décision du gouvernement français de faire surveiller par les forces armées les cibles juives en danger, le refus des médias et des politiques de faire le rapprochement entre victimologies européenne et israélienne a perduré.

Au cours d'un sommet sur le contre-terrorisme qui s'est tenu en septembre en Israël, un responsable de la police métropolitaine de Londres a fait part de son inquiétude face à l’État islamique, à Al-Qaïda et à Boko Haram, mais il a admis que le Hamas et le Hezbollah n'entraient pas dans sa champ de vision.

Pourtant, tous les djihadistes considèrent le Juif comme une cible tactique au sein d'un consortium d'ennemis dont font partie l'Amérique, les valeurs occidentales, le christianisme, l'islam modéré, les femmes et les homosexuels. Cette cible stratégique menace le délicat tissu dont la démocratie est tissée.

Dans les cités qui entourent les villes françaises, des islamistes nés en France, enflammés par des imams djihadistes et des sites Internet, profèrent maintenant ces cris jumeaux : « Maut al Yahud » (mort aux Juifs) et « Na'al Fransa » (maudite soit la France).

Ces jeunes Européens, recrutés par l'EI en Syrie/Irak ou dans les écoles coraniques pakistanaises, reviennent chez eux après s'être formés pour devenir des assassins.

La sophistication politique des atrocités de ce vendredi 13 à Paris repose sur l'absence totale de sophistication dans le choix des lieux visés : un stade de sport, des restaurants, un théâtre. Ce n'étaient pas des ministères, des banques, des gares, des installations militaires qui étaient ciblés, mais ces attaques coordonnées se dirigeaient contre le grand public.

Ces « martyrs » étaient tout de noir vêtus, munis de ceintures d'explosifs, hurlant « Allah akbar », recroquevillés pour mieux pivoter à 360 degrés et massacrer un maximum de personnes avec leurs kalachnikovs. Multiplier les lieux d'assauts simultanés a permis d'intensifier la panique générale et la confusion, et surtout de ralentir la sécurité et les premiers secours.

Voilà les attributs du terrorisme moyen-oriental – rodés au fil des ans contre Israël –, à présent transplantés sur le sol européen.

Cependant, l'Europe apaise ces forces du mal en soutenant et en approuvant les éléments de base qui renforcent le terrorisme dirigé contre des civils israéliens : le boycott, maintenant appelé « étiquetage », des produits juifs d'exportation ; un mur de défense renommé « mur de l'apartheid » ; une campagne de « droit au retour » pour les arrière-arrière-petits-enfants des réfugiés de 1948 de Palestine sous mandat britannique ; le vol actuel par leurs dirigeants du patrimoine juif et la constante attrition des résolutions de l'ONU contre Israël, totalement disproportionnée par rapport aux condamnations visant n'importe quel autre État du monde.

Paris n'est qu'une étape sur la carte visée de l'Europe, tandis que Londres, Berlin, Amsterdam, Bruxelles et Rome prennent des mesures préventives. Aujourd'hui, l'Europe reconstruit ses barrières frontalières, alors que des djihadistes potentiels, s'infiltrent dans la vague actuelle des réfugiés. Peut-être l'opinion publique fera-t-elle le rapprochement avec l'axiome de Simon Wiesenthal : « Ce qui commence avec les Juifs ne finit jamais avec eux ! » Maxime que l'on pourrait transposer en : « Les attentats-suicides, les intifadas, les attaques au couteau et à la voiture-bélier qui ont commencé en Israël ne finissent pas là ! »

L'antisémitisme, l'antisionisme, l'antiisraélisme qui sévissent en Europe ne servent que les ennemis mutuels d'Israël et de l'Europe.

L'auteur de ces lignes est le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal.