Paris, le 9 août 2018

Dans une lettre adressée au fondateur et PDG de la compagnie aérienne norvégienne Norwegian Air Shuttle, Bjørn Kjos, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, déplorait que « le plaisir que nous ressentions durant notre vol sur votre compagnie a été anéanti à la lecture d’un article paru dans votre magazine de bord ».

Dans cet article, intitulé « Import a Community » (« Importez une communauté »), il est question de la réinstallation de migrants en Europe et ailleurs. Publié dans la rubrique « Visit Lost Towns » (« Visitez des villages perdus »), l’article inclut curieusement la commune française d’Oradour-sur-Glane. « Cette mini-description n’est qu’une banalisation déconcertante d’une des plus graves atrocités commises pendant la Deuxième Guerre mondiale », s’indignait M. Samuels.

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L’article du magazine de bord
N et l’encadré « Visitez des villages perdus »
mentionnant Oradour-sur-Glane.

M. Samuels relevait le texte: « Ce bourg français a été détruit en 1944 et ses ruines préservées en mémoire de ses 642 habitants morts. Aujourd’hui, c’est une attraction sinistre et un musée. »

Le Centre précisait qu’« en réalité, ce bourg de la France occupée a été détruit le 10 juin 1944, en représailles contre la Résistance. Les Waffen SS y ont massacré 642 villageois, dont 247 femmes et 205 enfants, brûlés vifs dans l’église – on a même trouvé un bébé crucifié. Les Allemands avaient rassemblé 109 hommes, ils leur ont tiré dans les jambes ; alors qu’ils ne pouvaient plus bouger, ils les ont arrosés de kérosène et les ont enflammés ».

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M. Samuels ajoutait : « En juin 1994, pour le 50e anniversaire du débarquement, le Jour J en Normandie, le président François Mitterrand invitait son homologue Bill Clinton et la reine Elizabeth II à déposer une gerbe dans le cimetière militaire allemand de La Cambe… un geste scandaleux pour notre Centre : La Cambe, commune de Normandie, est le lieu de sépulture du SS Sturmbannführer Adolf Diekmann, l’officier responsable du massacre d’Oradour. »

M. Samuels remarquait que « les 642 martyrs d’Oradour-sur-Glane ne sont peut-être pas morts pour être éventuellement remplacés aujourd’hui par des réfugiés… En fait, nous ne comprenons pas qu’Oradour fasse partie d’un tel projet ».

Le Centre proposait que « la prochaine édition de N présente la véritable histoire de cette commune. Ce serait pour les passagers, jeunes et moins jeunes, une leçon à retenir ».