Éditorial de Shimon Samuels publié en anglais dans The Times of Israel
le 22 août 2018
https://blogs.timesofisrael.com/the-corbyn-factor-as-an-international-danger/

Simon Wiesenthal et l’organisation qui porte son nom ont tiré les leçons de l’Holocauste, considérant que c’est un système d’alerte précoce pour les Juifs et autres victimes, pour la défense de la démocratie et pour des droits de l’homme. Plus l’antisémitisme est virulent, plus ces menaces sont pesantes.

Le « facteur Corbyn » ne se cantonne pas au Royaume-Uni bien que, localement, il puisse devenir une menace à l’ordre public.

Ses semences constituent un virus capable d’infecter le système international. Virus personnifié sous les traits de Jeremy Corbyn comme éventuel Premier ministre et, en tant que tel, « chef de file mondial » – une menace qu’il s’agit d’affronter à l’échelle planétaire.

Le « facteur Corbyn » est un composite qui s’est développé en passant par les étapes suivantes.

- La découverte des camps de la mort nazis, en 1945, allait agir comme une couche de Téflon protégeant les Juifs et reléguant l’antisémitisme au rang de crime.

- La réconciliation avec les criminels de guerre nazis, pendant la Guerre froide, des deux côtés du rideau de fer, a égratigné le Téflon, avec une recrudescence de l’antisémitisme dans l’Union soviétique de Staline et la prolifération des théories du complot juif en Occident.

- En 1948, la coalition arabe contre le minuscule Etat juif et la victoire du petit Israël ont eu pour résultats de nouveaux consortiums européens pro-arabes et l’adoption du discours anti-juif d’avant la Seconde Guerre mondiale, renforcés par les conséquences de la guerre des Six Jours de 1967.

- Dans les années 1980, le terrorisme antisémite a fait son apparition en Europe, parallèlement à un nouveau discours des médias qui expropriait l’Holocauste. Par exemple, au cours de la guerre du Liban, en 1982, des journalistes comparaient Beyrouth-Ouest au ghetto de Varsovie et appelaient les avions israéliens la Luftwaffe. L’Holocauste juif était ainsi usurpé pour se retourner contre ses victimes.

- Un « nouvel antisémitisme », comme on l’appelle, véhiculé par l’extrême gauche alliée avec les terroristes palestiniens, a commencé à viser les Juifs de toute l’Europe de l’Ouest.

- Internet, puis les réseaux sociaux, ont permis aux théories du complot et à la propagande haineuse de se propager à l’échelle mondiale.

- La Conférence mondiale contre le racisme qui s’est tenue à Durban (Afrique du Sud) en 2001 a marqué un seuil : le rassemblement de toute une panoplie d’ONG antisémites et d’Etats membres de l’ONU.

Durant toute cette trajectoire, des dirigeants antisémites publiquement identifiables sont apparus dans le monde entier, tels Mahathir, nonagénaire redevenu cette année Premier ministre de Malaisie, ou Ahmadinejad, président d’Iran, ou encore Chavez, président du Venezuela.

Dans la plupart des cas, l’Europe de l’Ouest les a louablement accueillis avec une certaine répugnance. Mais cela a changé, du fait des données démographiques et de la radicalisation.

Tandis que la gauche modérée glisse vers l’extrême gauche pour embrasser dans ses rangs ses futurs électeurs islamistes, de jeunes primo-électeurs se radicalisent au travers des réseaux sociaux et adhèrent à la cause palestinienne.

L’initiateur de cette campagne en Angleterre, c’est le « facteur Corbyn ». Jeremy Corbyn n’est pas un Hitler, mais son entourage se sert du levier de l’antisémitisme pour appuyer sa campagne.

Tel est le contexte dans lequel sont signalées des déclarations de soutien et de solidarité aux tueurs de Juifs, comme les assassins des athlètes israéliens à Munich, le Hezbollah et le Hamas, ou l’intention génocidaire iranienne… Ce qui conduit à la protection des judéophobes du Parti travailliste et aux agressions contre des membres juifs de ce même parti. Ce sont ces étapes qui ont façonné le « facteur Corbyn ».

Et c’est ainsi que l’hitlérisme a commencé. Feu Simon Wiesenthal faisait souvent cette remarque : « Ce qui commence par les Juifs ne s’arrête jamais aux Juifs, car la haine fomentée infecte le corps politique et devient un fléau pour la société dans son ensemble. »

Le « facteur Corbyn » est déjà actif dans des organismes internationaux et des organisations non gouvernementales, dans les médias et les campus universitaires.

Il est décrit par les dirigeants juifs britanniques comme une menace « existentielle ».

Le Centre Simon Wiesenthal considère le « facteur Corbyn » comme un danger international, qui doit être traité comme tel.