« Bien qu’Israël quitte l’Unesco à la fin de l’année pour cause d’innombrables campagnes d’usurpation des identités juive et chrétienne menées par les Palestiniens, le projet Moisés Ville contribuera à combler le vide en posant un défi à ceux qui s’obstinent dans leur antisémitisme. »

Buenos Aires et Paris, le 20 décembre 2018

Le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, et la conseillère auprès de la directrice générale de l’Unesco, Graciela Vaserman-Samuels, perçoivent depuis longtemps Moisés Ville comme une réussite inégalée d’absorption de réfugiés. Cette petite ville, fondée en 1889, porte le nom de son bienfaiteur, le baron Maurice de Hirsch, surnommé « le Moïse des Amériques ». Grâce à lui, les Juifs qui fuyaient les pogroms d’Ukraine purent atteindre l’Argentine, dans des conditions très difficiles. Ils y devinrent des fermiers. Ils durent surmonter une épidémie qui emporta leurs premiers-nés, et s’associèrent à leurs voisins, des villageois italiens. Le roman Gauchos judíos (Les gauchos juifs) d’Alberto Gerchunoff les immortalise.

Les époux Samuels viennent d’être nommés citoyens d’honneur de Moisés Ville, cette commune juive à la valeur culturelle unique, avec ses quatre synagogues, son théâtre Kadima, sa bibliothèque yiddish et sa fête annuelle de l’harmonie, Día de la Convivencia. Les anciens demandeurs d’asile y sont passés du statut d’« admis » à celui d’« adoptés », en tant que citoyens dévoués à leur pays d’accueil.

Avec l’aide d’Alberto Conti, professeur d’architecture à l’université de La Plata – et conseiller auprès de l’Unesco –, Moisés Ville a été inscrite par le délégué argentin auprès de l’Unesco, Miguel Angel Hildmann, sur la liste indicative du Comité du patrimoine mondial.

« La voie est ainsi tracée vers le statut définitif de patrimoine mondial, mais il faudra pour cela obtenir une assistance professionnelle. En effet, en tant que site juif, son acceptation risque d’être compromise par les votes d’États aux relents antisémites. Mais cette campagne a reçu le soutien du président de la Nation argentine, Mauricio Macri », indiquait M. Samuels, poursuivant : « Moisés Ville est un modèle d’intégration réussie de migrants – sans doute le plus grand défi de notre temps. »

Une réunion du conseil d’administration du projet s’est tenue à Buenos Aires, présidée par Benjamin Teitelbaum, natif de Moisés Ville. Conjointement avec la directrice du Musée juif de la ville, Eva Rosenthal, et d’autres membres du conseil, ils avaient contacté plus de six cents anciens habitants, qui résident aujourd’hui de Buenos Aires à Tel-Aviv et de New York à Miami.

C’est ainsi que sont nés les Amis de Moisés Ville – Association du patrimoine mondial argentin. Le Centre Wiesenthal en est le conseiller professionnel – c’est la seule organisation juive au monde accréditée auprès du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco.

Le représentant du Centre pour l’Amérique latine, Ariel Gelblung, a organisé une réunion dans la plus grande synagogue d’Argentine, Amichai, en collaboration avec le club sportif juif Ha Koach.

20 Dec. 2018 1Réunion à la synagogue Amichai. De gauche à droite : MM. Gelblung et Samuels, intervenants.

Ce projet a reçu la bénédiction du nouveau président de la Délégation des associations israélites d’Argentine (DAIA), Jorge Knoblovits, au cours d’une cérémonie célébrant le 70e anniversaire d’Israël. La soirée s’est tenue à la chambre de commerce Argentine-Israël.

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De gauche à droite : Jorge Knoblovits, Ariel Gelblung et Shimon Samuels.

Fernando Sokolowicz, président fondateur du Centre Simon Wiesenthal pour l’Amérique latine et producteur de films nommé aux Oscars, a convenu de rechercher des personnalités argentines qui puissent former un comité d’honneur de Moisés Ville.

« Bien qu’Israël quitte l’Unesco à la fin de l’année pour cause d’innombrables campagnes d’usurpation des identités juive et chrétienne menées par les Palestiniens, le projet Moisés Ville contribuera à combler le vide en posant un défi à ceux qui s’obstinent dans leur antisémitisme », concluait M. Samuels.